Il semblerait que nous changions de level cette année. Voici les sujets que nous allons suivre :

Digital fairness act : les débats sur l’équité numérique vont traverser le monde du gaming et inviter de nouveaux acteurs dans le débat public. L’enjeux est de taille, car la loi n’est que la cristallisation de l’état du débat culturel dominant.

L’amplification des guerres culturelles : les nombreuses élections clés (mid-terms US, présidentielles au Brésil) et les événements géopolitiques imprévisibles seront un terreau favorable à la généralisation de la lutte idéologique. Des liens internationaux se tissent déjà. Les règles du jeu ont changé.

Cybersécurité et warfare : le monde du jeu vidéo est investi par différents acteurs dans les guerres hybrides actuelles. Le répertoire d’action est très large : cyberattaques, UGC et usages criminels dans le monde, recrutement sur les réseaux sociaux gaming. Un véritable brasier pour les paniques morales à venir.

Emergence du jeu vidéo amateur : l’abaissement des coûts d’entrée pour la création d’un jeu, la massification des productions UGC portées par les plateformes change complètement les pratiques de la gen alpha. Le jeu vidéo comme récit ou comme système, le débat est ancien opposant narratologues contre ludologues. Un retour vers l’arcade semble inexorable.

Vers un retour progressif à la rationalité industrielle: la victoire de Clair Obscur aux Game awards est un appel explicite à la désinflation des coûts techniques de production où le gain marginal de chaque euro investi pour augmenter une feature tech converge inexorablement vers une rentabilité négative. Combiné aux nouvelles pratiques de la gen alpha, le AAA est condamné à changer de catégorie.

GTAVI. Nous y reviendrons.

Nous finalisons un dossier sur la place de l’Europe dans le jeu vidéo mondial à travers une analyse des 11 dernières années des Game awards. Les résultats sont passionnants, l’Europe performe réellement.

Bonne année à tous.